La Procréation Médicalement Assistée sous son vrai jour. Ma vie avant, pendant et après.
12 février 2012
Etat émotionnel : instable.
Aujourd'hui c'est le Grand Jour : Daylan et Lorna quittent les soins intensifs pour aller en néonat simple.
On est hyper contents et on se réjouit de cette évolution.
La chambre est grande, très lumineuse avec une vue sur des arbres, un coin de toilette avec une petite baignoire intégrée est aménagé.
Mes bébés y sont installés avec leur couveuse, on se sent plus dans une chambre d'hôpital classique que dans un service plus grave et vraiment ça nous fait un bien fou.
La Peur, l'Inquiétude et l'Angoisse, tenez prenez vous ça à la tronche : on avance, MOUHAHAHA! Bye bye les soins intensifs!!
On découvre ce nouvel environnement.
C'est la dernière étape d'hospitalisation ici, l'idée est donc de faire le plus possible comme à la maison : Bains et toilette avec nos propres produits, soins espacés (on ne nettoie plus les yeux toutes les trois heures, les bébés ne sont plus pesés tous les jours mais tous les deux jours...), on doit apporter notre propre stock de bodies pour habiller Daylan aussi.
Les équipes en charge de nos enfants seront toujours constituées d'une infirmière et d'une aide soignante et tourneront à intervalles réguliers.
Après le cocon feutré des soins intensifs où tout le monde parlait à voix basse, se déplaçant calmement, où les bébés étaient toujours emmitouflés de langes pour les rassurer et où la lumière était douce, le changement est pour ainsi dire brutal : clairement, on a l'impression d'avoir été propulsés sans transition au cœur d'un marché aux poissons.
Le personnel médical parle fort, à nous et aux bébés, s'interpelle gaiement d'un bout à l'autre du couloir, les portes sont toutes grandes ouvertes, on circule sans précaution aucune dans le couloir.
Ici, les bébés ne sont pas enveloppés dans un lange. Il y'a toujours les machines auxquelles sont reliés les bébés pour les nourrir, surveiller leur respiration et leur rythme cardiaque. Elles sont très bruyantes, bippent souvent en émettant des sons très graves ou très aigus, et c'est toujours très strident.
La différence ici, c'est que personne n'accoure pour vérifier que tout va bien et arrêter le bruit. Ca peut donc durer longtemps, très longtemps, jusqu'à aller chercher quelqu'un pour s'en occuper et qu'on trouve en train de papoter tranquillou avec le reste de l'équipe. Pourtant, ils ne peuvent pas ne pas entendre, toutes les portes sont ouvertes.
De mon côté, il me semble que ce changement de service est arrivé un peu trop tôt pour mes bébés, en particulier pour Lorna qui montre beaucoup de signes de stress.
Ses traits sont très crispés, elle s'agite beaucoup, pleure, met les mains sur ses oreilles dès qu'une machine fait du bruit ou que quelqu'un parle fort à proximité.
Elle et Daylan sont clairement gênés par la lumière mais la fenêtre ne dispose ni de stores ni de rideaux pour l'atténuer.
En fait dans ce service, on considère que si les bébés y sont, c'est qu'ils sont assez forts pour supporter le bruit, l'agitation permanente et la lumière.
Je sais que Lorna a aussi été transférée pour ne pas être séparée de son frère, ce qui est une très bonne chose en soi, mais qui me paraît également inadaptée à sa condition. Pesant 800g de moins que lui, elle n'est pas aussi solide que lui pour le moment.
C'est donc encore et toujours de façon très mitigée que nous vivons ce changement d'environnement.
Ce soir nous quittons nos bébés une nouvelle fois, les laissant dans leur chambre avec la porte ouverte en grand bien sûr, et la forte lumière du couloir qui les gêne.
Une fois qu'ils sont endormis, nous partons aussi doucement que possible, pour tenter de nous reposer un peu aussi.