La Procréation Médicalement Assistée sous son vrai jour. Ma vie avant, pendant et après.
Janvier 2011 :
Les fêtes sont enfin finies, et c'est tant mieux parce qu'elles ont vraiment été difficiles celles là.
Un noël et un jour de l'an supplémentaires sans bébé c'est dur, je traine ma carcasse sans conviction, habitée par un spleen qui ne m'est pas familier.
Malgré tout il y a une bonne nouvelle :
Noyée de chagrin après le foirage de mon IAC, j'avais mal compris ce que m'avait dit ma gynéco :
Certes on n'a pas enchainé de tentative immédiatement sur le cycle suivant, mais en fait mon prochain cycle devrait débuter aux alentours de la mi janvier, donc plus tôt que ce que je pensais!
Cette idée me redonne un peu le sourire.
En attendant, ma gynéco nous l'a redit : il est possible pour nous d'avoir un bébé naturellement quand même.
Je continue donc de compter les jours, d'observer le fond de ma culotte, de guetter les signes d'ovulation, sait-on jamais!
Toute cette pression commence à nous peser, et pourtant ne nous parvenons pas à nous en défaire. L'ovulation reste un moment clé dans notre intimité et on fait tout pour l'optimiser : pas de câlins 3 jours avant le moment M pour être sûrs que tous les spermatozoides seront au taquet, câlins un soir sur deux pour ne pas avoir de petits soldats de mauvaise qualité...
La Spontanéité a fait sa valise et a claqué la porte sur notre couple, agacée au dernier degré.
Tout est désormais compté, calculé, mesuré. Et c'est devenu quelque chose de naturel pour nous.
Par moment, la Lucidité prend un mégaphone et me hurle la réalité en pleine face. Mais bien vite je referme mes yeux et bouche mes oreilles : Tant pis, ce n'est qu'un mauvais moment dans notre existence, quand je serais enceinte tout ça sera fini et on pourra enfin reprendre notre vraie vie.
J'entends la Fourberie et l'Obsession se payer une bonne tranche de rire, tandis que le Mensonge me propose une autre tasse d'illusions.
Je m'en fous d'abord.
Je croise les doigts et compte lamentablement les jours qui me séparent de l'arrivée présumée de mes règles.
Je prévois tout de même tout le nécessaire avec ma gynéco pour la prochaine IAC pourtant.
Et c'est bien là la complexité d'un parcours PMA : S'organiser, prévoir les actes médicaux et continuer de se tuer les yeux sur son fond de culotte.
Ne plus y croire mais continuer d'espérer.
Tomber de très haut à chaque échec et se dire qu'on le savait au fond de nous, pourtant.
Détester les actes PMA et les attendre avec une impatience croissante.
Continuer d'y croire sans oser espérer.
Les chutes sont chaque fois plus rudes, et malgré tout on se relève et on avance.
Je fais mon chemin en traînant les pieds mais pressée d'arriver.
Cette ambivalence me flanque un cafard d'enfer, et j'ai hâte que mes règles arrivent pour pouvoir passer à la 2ème IAC.
Ou pas.