La Procréation Médicalement Assistée sous son vrai jour. Ma vie avant, pendant et après.
Décembre 2010, encore :
Bien entendu ma vie ne s'est pas arrêtée, de même que la Terre n'a pas arrêté de tourner non plus.
Un test négatif, un de plus finalement, ça reste d'une banalité affligeante.
Alors le lendemain, le vendredi, il a fallu se lever quand même, se doucher, se maquiller, partir au boulot. Annoncer à ma chef que ce n'est pas pour cette fois et affronter ce regard compatissant à la fois réconfortant et insupportable.
Vous savez, celui avec la tête penchée sur le côté et tout. Celui-là même qui donne grave envie de pleurer.
La journée passe, c'est difficile. Mes règles me font un mal de chien, comme pour me punir de ce fol espoir qui m'a étreint le cœur hier pendant mon élan d'Intuition à la con.
L'Intuition Féminine... parlons en tiens.
J'étais tellement sûre que ça avait marché, je le sentais, que s'est il passé alors dans mes tripes? Est ce qu'à un moment donné le Désespoir prend tellement le pas sur le reste que tout s'envole jusqu'à notre célèbre 6ème sens? Est ce qu'on a tellement envie d'y croire qu'on s'invente du pressentiment?
Je suis perdue, si même mon Intuition s'est fait la malle ben on n'est pas sortis de l'auberge tiens.
Bon en attendant c'est pas tout ça mais je dois prévenir ma gynéco aussi que c'est raté pour cette fois.
Au téléphone je suis un peu édifiée, elle veut quand même une prise de sang à J14, ce qui veut dire demain... C'est une baffe supplémentaire pour moi. Je ne comprends pas bien pourquoi, mais elle dit qu'il faut la faire quand même.
Et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, avec les fêtes, les congés de ma gynéco, tout ça, elle m'annonce que la prochaine tentative ne se fera pas au prochain cycle mais au suivant, soit donc en février.
Le peu de monde qui restait autour de moi achève de s'écrouler.
Nous sommes le 17 décembre 2010, j'ai 30 ans et un jour, Noël approche, mon IAC est un échec, je n'ai pas du tout le coeur aux fêtes de fin d'année.
Vivement qu'elles passent celles là avec leur bon esprit à la noix, moi j'ai envie d'être gentille avec personne.
Je remonte dans mon bureau une fois mon coup de fil passé et je croise ma chef qui me sourit, l'air radieux.
Ah oui c'est vrai.
Pfffff.