La Procréation Médicalement Assistée sous son vrai jour. Ma vie avant, pendant et après.
Février 2011, toujours :
Là on peut le dire, je suis carrément dégoûtée.
Deux inséminations de foirées, on devrait chacun être remis à neuf grâce à nos opérations respectives, les spermogrammes réguliers de M. Lambda sont un peu meilleurs... et ça ne marche pas.
Je commence à y voir un signe.
Peut-être qu'il y a une raison à tout ça? Peut-être que nous ne sommes pas assez amoureux, que nous sommes pas assez mûrs, pas assez prêts, pas assez aimants? Peut-être juste que nous serons de mauvais parents?
Je rumine et me demande si je ne devrais pas entendre ce message qu'on m'envoie et tout arrêter.
On y laisse déjà pas mal de plumes, et si notre couple ne se relevait pas?
En lisant les témoignages divers et variés, je me rends compte que si beaucoup de couples se montrent soudés pendant la PMA, ils ne survivent pas au cataclysme Bébé, une fois que ça a marché.
Et si ça nous arrivait aussi? Grâce aux épreuves que nous traversons, j'ai une preuve supplémentaire que rien n'arrive qu'aux autres, pour les mauvaises nouvelles les autres c'est toujours nous (pour les bonnes nouvelles, on a bien compris qu'on pouvait se brosser par contre, les Autres restent les Autres avec leur air ravi de la crèche devant leur ventre qui s'arrondit, pfff).
Est ce qu'on ne devrait pas finalement tout arrêter et ne vivre que pour nous?
C'est ce que je demande à ma gynéco lors de mon rendez-vous mensuel avec elle.
Elle me regarde sans rien dire.
Longtemps.
Je me demande dans quelles sphères elle est partie et si même elle comprend ce que je lui raconte.
Cette fois c'est sur, elle porte une perruque. Elle est de plus en plus fatiguée. Merde et ça à la fin c'est pas un signe? Au moment où j'ai besoin d'elle pour m'aider à me reproduire, elle s'éteint à petit feu, suis-je donc en train de lui voler sa vitalité?
D'un coup elle semble revenir à elle, et me dit que mais non, deux inséminations qui n'ont pas marché, il n'y à rien d'extraordinaire à ça.
Au prochain cycle on refait une tentative, la dernière. Si ça ne marche pas non plus, on se tournera vers la FIV.
Pour me changer les idées, à la fin du mois, je m'en vais dans l'Est, voir une amie qui a eu un bébé trois mois plus tôt.
En fait nous nous verrons pour la première fois puisque nous nous sommes rencontrées sur un forum, en essais bébé toutes les deux. Malgré tout je me sens très proche d'elle.
Je suis émue de la rencontrer, ainsi que sa petite fille. Elle m'accueille pendant 3 jours, et j'appréhende un peu quand même : j'espère que je ne vais pas me mettre à chialer de désespoir à chaque fois que je regarderais son bébé.
Heureusement, mon séjour se passe très bien. Mon amie est adorable, sa fille au moins autant qu'elle et je fonds complètement devant cette petite personne qui me scrute du haut de ses trois mois.
Avant de partir, mon amie me donne un test de grossesse neuf, qui lui reste.
Elle me dit qu'il me portera chance.
Ce cadeau m'émeut particulièrement, sans que je sache dire exactement pourquoi, et je serre la boite en carton dans ma main en me promettant de ne l'utiliser que quand je serais sûre sûre sûre.
Nous nous séparons à la gare, et je prends mon train ragaillardie.
Ce séjour, tout le bonheur que j'ai vu et ressenti, cet amour si fort entre mon amie et sa fille, c'est peut-être ça le message qu'on m'envoie finalement?