La Procréation Médicalement Assistée sous son vrai jour. Ma vie avant, pendant et après.
Fin juin 2010 :
Avant d'entrer au coeur du sujet, un peu de culture s'impose ('tention, bobo la tête) :
Si l'on décompose le mot hystérosalpingographie on trouve hystéro, salpingo et graphie.
Allez, prenons les choses une par une. Je propose un Doliprane pour commencer, d'ailleurs.
Hystéro : c'est ce qui est relatif à l'utérus. Et à l'hystérie aussi. Mais pas dans ce contexte, enfin pas officiellement hein.
Moi je me demande si le mec qui a inventé ce mot tordu n'était pas un petit malin qui s'est tapé un délire, genre petite private joke à base de "les femmes sont toutes tarées, hé hé".
Salpingo : vient du mot salpinx en fait, qui signifie trompette en grec ancien.
Oui je sais, j'ai fait la même tête que vous quand je l'ai su.
On l'emploie plutôt pour désigner les trompes de Fallope en fait (et pas "ces salopes de trompes", ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, hein!).
Rien à voir avec une quelconque foire à trompette, donc.
Graphie : vient aussi du grec ancien, graphien, qui signifie écrire. Bon vous l'aurez compris, on l'emploie pour dire que c'est une radio quoi.
Donc si on résume, l'hystérosalpingographie, c'est quand une follasse veut savoir ce que ses salopes de trompettes écrivent.
Grâce à moi, vous allez enfin briller de mille feux à votre prochain dîner mondain, hin hin hin.
Avant de procéder à l'examen, j'ai dû prendre quelques antibiotiques la veille et le matin du rendez-vous.
En fin de matinée, nous nous rendons au cabinet recommandé par ma gynéco, encore dans un quartier franchement pas dégueu, même si moins chic que pour nos précédents rendez-vous (que voulez vous, on s'habitue vite au luxe!).
Nous pouvons d'ailleurs le vérifier en salle d'attente, où les magazines se la pètent un peu moins : Marie-Claire, Maisons et Jardins, Prima et Elle, répondent présents.
Enfin de la vraie culture intellectuelle!! Du coup c'est M. Lambda qui est content d'avoir ramené sa lecture.
Dans la salle d'attente beaucoup de femmes, qui ne se regardent pas. On est toutes là pour la même chose, et si on en est à vérifier nos trompes, c'est que ça coince pour nous toutes question conception bébé.
Voilà, c'est mon tour, on m'appelle.
Je jette un regard anxieux à M. Lambda qui sourit d'un air confiant. Un peu ragaillardie, je me dirige vers le médecin qui m'attend, souriant lui aussi.
Sur le chemin qui mène à la salle d'examen, il me parle et me demande si ça va. La moquette sous nos pieds me donne la sensation de marcher sur du nuage tant elle est épaisse et accueillante. Presque réconfortante même.
Le médecin me tend une blouse et des chaussons et me demande de me déshabiller entièrement, sauf le soutien-gorge, puis de passer les vêtements de papier.
Je m'exécute et attends dans la petite pièce où je me suis changée, qu'on vienne me chercher. C'est un peu long et j'ai froid.
Une dame arrive enfin. Elle est très gentille, me demande aussi si ça va, s'excuse de m'avoir fait attendre et compatis de me voir grelotter. Elle me regarde d'un air désolé et me jure que ce sera très rapide.
Sur le coup je n'ai pas tilté sur le fait qu'elle emploie le mot "rapide". Moi je me pelais et j'avais hâte d'en finir.
Je m'allonge sur la table. Le médecin qui m'a accueillie tout à l'heure est de retour. Il est super gentil, un peu paternel, et me parle même de ma manucure (j'avais utilisé des pochoirs Konad, pour les connaisseuses!).
Lui aussi me dit de ne pas m'en faire, qu'il va être le plus rapide possible. Il me demande si j'ai bien pris mon traitement la veille et au lever.
A ma réponse affirmative, il me prévient de m'attendre à des douleurs de règles et me demande si je suis prête. J'acquiesce en souriant.
Je n'ai pas souris longtemps.
Je m'installe en position gynécologique, jambes repliées. Le médecin place son spéculum et me demande si ça va toujours. Bon ce n'est pas agréable, mais c'est pas la mort non plus, hein!
Il me prévient qu'il envoie le liquide dans l'utérus et de ne surtout pas bouger, que ça va aller vite.
Euuuuh. Je commence à avoir un peu mal. Effectivement, on dirait de grosses, grosses, même un peu méchantes douleurs de règles. Ca c'était l'exploration de la trompe droite, au tour de la gauche maintenant.
Heeeeey mais aïe!! Putain fucking aïe, qu'est ce qu'il fout la dedans, ça me fait un mal de chien!!!
Heureusement c'est fini. Comme on n'a cessé de me le dire, l'examen a été rapide (vu comme ça fait mal, je comprends mieux pourquoi).
La dame m'aide à me relever, doucement. Le médecin me dit que j'ai été très courageuse et qu'il va revenir me chercher en salle d'attente.
Je me rhabille et m'en vais rejoindre M. Lambda. Je suis pliée en deux.
Au bout de quelques minutes le médecin revient me chercher. Il est moins guilleret que tout à l'heure.
Il me montre la radio, me parle d'une trompe bouchée, de cœlioscopie, de mes douleurs, et si j'ai de la fièvre je dois absolument prendre ça, ça et ça, d'ailleurs voilà l'ordonnance, et j'avais bien pris mon traitement hein?
Quoi quoi quoi?
Il voit mon affolement et reprend calmement :
Ma trompe est bouchée à gauche. Complètement. On peut essayer d'opérer pour arranger ça, à voir avec ma gynéco.
Il me recommande bien de me surveiller, les douleurs de règles doivent disparaitre peu à peu et je ne suis pas sensée avoir de fièvre.
Il me ramène vers l'accueil pour régler la note et me souhaite une bonne journée en s'éloignant. Quelques pas plus loin, il se ravise et insiste en me disant de bien me reposer et me surveiller.
Il commence à me faire flipper.
Je passe à la caisse avant de partir. La dame me demande 180 euros. Je lui montre mon papier de prise en charge à 100% par la sécurité sociale :
"Oui, c'est inscrit sur votre carte vitale, mais vous devez vous acquitter des dépassements d'honoraires".
Un peu sciée, je donne mon chèque et m'en vais, toujours pliée en deux de douleur, soutenue par mon mari.