La Procréation Médicalement Assistée sous son vrai jour. Ma vie avant, pendant et après.
17 février 2012
Etat émotionnel : limit nervous breakdown.
Malgré mes visites quotidiennes en néonat, mes journées ne s'inscrivent aucunement dans une quelconque routine, grâce au personnel soignant qui s'occupe de mes bébés.
On peut même carrément dire que la météo de ma journée dépend beaucoup des équipes mises en place.
Aujourd'hui, ça commence bien : je peux donner le biberon à Daylan. C'est donc ravie que je m'installe pour profiter de ce moment avec lui.
Mais alors que fatigué de téter il termine son repas par sonde dans mes bras, Lorna se réveille et se met à pleurer.
Puisque personne ne daigne se déplacer et puisque je ne peux pas remuer Daylan pour le poser dans son lit pendant qu'il mange, je parle à ma fille pour essayer de l'apaiser en attendant que quelqu'un arrive pour s'occuper d'elle. Ca la calme quelques minutes, mais rapidement elle se remet à pleurer.
Et personne ne vient voir ce qui se passe.
Je suis sensée attendre 15 min après le repas pour poser dans son lit le bébé qui vient d'être nourri, mais là, au bout de 10 min je craque et recouche mon fils pour aller voir ma fille... qui a fini par se rendormir.
Daylan se tortille dans son lit et environ une demie heure plus tard, finit par vomir un peu. J'ai juste le temps de le redresser pour ne pas qu'il s'étouffe.
"HA HA! se réjouit la Culpabilité. Tu le savais pourtant que c'était 15 minutes d'attente et non 10 avant de recoucher un bébé après son repas. A cause de toi Daylan a vomi son repas, tu peux être fière, MAUVAISE MERE!!"
L'infirmière en charge de Lorna arrive pendant que j'éponge son frère du mieux que je peux, pour me dire qu'il est l'heure de donner le bain à ma fille. Et après lui avoir expliqué ce qui vient d'arriver, nous convenons de baigner Daylan ensuite.
Elle fait couler le bain, me demande de déshabiller Lorna, et comme ce sera son tout premier bain et que j'ai peur de le faire au vu de son gabarit, l'infirmière me dit qu'elle revient dans 5 minutes pour m'aider.
Ne la voyant pas revenir et ne devant pas laisser ma fille avoir froid, je décide de commencer toute seule, stressée au dernier degré.
Les mains tremblantes je plonge ma petite Lorna doucement dans l'eau je chantonne à voix haute que ça va bien se passer, qu'on va y arriver toutes les deux, que l'infirmière va arriver et que le bain y'a rien de plus zénifiant dans la vie.
Oui oui, je sais, c'est moi que j'essaie de rassurer en disant ça!
Pendant ce temps là, j'entends Daylan dans mon dos qui fait des petits bruits bizarres.
Car la chambres est ainsi faite que lorsque je donne un bain, je tourne le dos à la pièce et par conséquent aux bébés. Je ne peux même pas essayer de tourner la tête pour le voir, il est pile derrière moi.
Comme il a vomi, je commence à m'affoler, mais ayant les mains dans l'eau avec Lorna, je ne peux rien faire, alors j'appelle. Personne ne vient et Daylan continue ses bruits chelous.
J'appelle une seconde fois plus fort, toujours personne, donc il faut carrément que je crie pour qu'une aide soignante (qui n'est pas en charge de mes bébés aujourd'hui) arrive en courant.
"OoOooh mais c'est rien, l'entends-je dire derrière moi, il a le hoquet c'est tout! Ca arrive à plein d'enfants vous savez haha! Et ce ne sera pas la dernière fois, vous ne l'aviez jamais entendu?".
Patiemment j'explique que si, bien sûr, mais là je n'ai pas reconnu le bruit et comme il a vomi un peu avant et que je ne peux pas me retourner, j'ai préféré appeler.
Comme elle insiste sur le thème "rooooh mais le hoquet c'est rien du tout hein!", ça commence légèrement à me foutre les pastèques, et quand je l'entends dire bien fort dans le couloir "c'était rien, juste le hoquet et la maman s'est inquiétée, haha!", on ne peut pas dire que ça adoucisse mon humeur.
Je soupire profondément, finis le bain de Lorna et la rhabille. C'est le moment que choisit son infirmière pour revenir (5 minutes tu parles, il s'est passé une demie heure!) et me dire "et ben voilà vous vous en êtes très bien sortie!".
Ma mauvaise humeur augmente, j'ai l'impression qu'on m'a joué un sale tour.
L'aide soignante de tout à l'heure revient voir Daylan deux fois, pour en rajouter une louche "AlooOooors, demande-t elle d'un ton haut perché et un peu débilisant, c'est fini ce hoquet, vous êtes rassurée?"
A la deuxième salve je craque, c'est trop pour aujourd'hui et y'en a ras le cul qu'on me prenne pour une imbécile.
Ayant déjà réexpliqué la situation à son premier retour, je recommence patiemment et ajoute avec un grand sourire niais "Mais ne vous inquiétez pas, j'ai bien compris que la prochaine fois il vaudra mieux prendre le risque de le laisser crever étouffé dans son vomi que de vous appeler".
Là dessus, l'aide soignante se reprend, peut être a-t elle enfin compris qu'elle poussait le bouchon un chouille trop loin.
"Mais non, non, bien sûr qu'il faut nous appeler, vous avez bien fait hein, il ne faut pas hésiter!".
Ben ouais, c'est sûr qu'avec ton attitude je me sens bien à l'aise pour le faire si besoin!
Non parce que je veux bien être gentille et prendre sur moi quand on se fout de ma gueule sur ma condition de jeune maman, mais quand on me cherche on me trouve.
Ce sont mes premiers bébés et on est en néonat, j'ai le droit d'être inquiète, merde alors.
Et la Rage qui me tient la main ajoute qu'à priori, celle là ne devrait pas revenir nous faire chier de sitôt.
Heureusement, cette journée se finit bientôt, et je reste concentrée sur la joie d'avoir pu m'occuper un peu de mes bébés aujourd'hui. Ils continuent à prendre du poids et progressent chaque jour sur la question des biberons.
Ne sachant jamais ce que nous réserve demain entre la connerie de l'équipe soignante et l'état de mes enfants, chaque miette de plaisir doit se savourer avec délectation.