La Procréation Médicalement Assistée sous son vrai jour. Ma vie avant, pendant et après.
21 Janvier 2012 :
SA : 32+2
SG : 30+2
SNUFE : Explosion des records
1h13 du matin.
C'est le milieu de la nuit, et le service des GHR se fait plus calme. Enfin plus calme, c'est sans compter cette espèce de bruit de soufflerie qui tourne en continu.
Je ne dors pas, je suis épuisée pourtant. Il fait une chaleur à mourir dans cette maudite chambre, même moi qui adore avoir chaud j'étouffe.
Le dispositif de sécrurité empêche d'ouvrir la fenêtre autrement que sur quelques centimètres en haut, et malgré la neige dehors, cela ne suffit pas à rafraîchir la pièce.
Il fait chaud, très chaud, et tout à l'heure dans un demi sommeil je me suis demandé si j'étais arrivée en Enfer.
J'ai eu mes deux piqûres de corticoïdes et les effets secondaires ne se sont pas faits attendre : démangeaisons, afflux sanguins vers le visage dès que je m'allonge, saignements de nez, bouffées de chaleur (comme s'il ne faisait pas assez chaud hein).
C'est très inconfortable, je tourne et me retourne dans mon lit sans trouver le sommeil. Mais je tente de me consoler en me disant que c'est pour le bien de mes bébés.
Le légendaire sens du sacrifice d'une mère, il existe donc et se montre déjà avant la naissance!
En tous cas eux, ils vont bien, et c'est finalement là le plus important, même si les injections de corticoïdes les endorment un peu et que je les sens un peu moins bouger.
Mais ils sont sympas, ils me font un petit coucou de temps en temps, qui me rassure.
Les deux monitorings quotidiens sont toujours parfaits, j'entends leurs petits coeurs galoper. Ma fille a une bougeotte d'enfer, ce qui la rend difficile à capter.
En revanche, le doppler sur son cordon reste "stable dans sa médiocrité" comme se plaît à me répéter le Dr Pé.
Il doit se trouver définitivement très drôle puisqu'il me le ressort sans arrêt, rien à dire il est son plus grand fan.
Enfin ça c'est sans compter le nuage de sages-femmes qui l'entoure, évidemment.
Le Dr Pé a évoqué une sortie pour dans deux jours, si ma tension et la situation restent stables.
Le Dr Qü, son collègue n'a pas l'air tout à fait d'accord, et bien entendu je me suis bien faite recadrer sur le sujet d'une éventuelle sortie.
Je décide de laisser tomber, de toute façon cet hosto on sait quand on y entre, jamais quand on en sort!
Ce séjour en GHR se passe aussi n'importe comment que la dernière fois.
Cet après-midi, les sages femmes ont décidé de façon tout à fait arbitraire que je n'ai pas le droit de regarder les chiffres qui s'inscrivent sur l'appareil lors de mes prises de tension.
Paraît il que ça la ferait grimper, dieu seul sait d'où elles me sortent cette connerie encore.
Ah ben si, de mon dossier sûrement, rappelez vous, je suis une "patiente anxieuse +++" !
Donc, matin et soir, l'appareil qui sert à prendre ma tension est mis hors de ma portée et tourné face au mur. C'est infantilisant au possible.
Il est 1h13 du matin, et je ne dors toujours pas.
Je pense à mon séjour à l'hôpital Moisi, je pense à mes bébés si petits encore.
A ma fille dont la situation n'évolue pas, à mon fils qui est en pleine forme et qui sera peut être bientôt privé de son cocon, tellement nécessaire encore.
Pour la énième fois, je me rasseois dans mon lit pour boire un peu d'eau, et sitôt redressée, je saigne du nez comme une vache, j'ai tout juste le temps d'attraper mon mouchoir pour ne pas tout salir. Foutus corticoïdes.
Et bien entendu je fonds en larmes, tant je me sens seule et désespérée dans cette chambre au bord de l'asphyxie respiratoire. Et mentale.