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Juin 2010, encore et toujours :

Le lendemain de l'hystérosalpingographie ça ne va pas, j'ai mal au ventre. Vraiment beaucoup.

Je passe un coup de fil à ma gynécologue, elle voudrait me voir immédiatement. Comme je ne peux pas (je suis sur mon lieu de travail à ce moment là) elle me fixe un rendez-vous à la première heure le lendemain.

Ce n'est pas son genre, ça me fait peur.

Ca ne m'étonne pas!

Ca ne m'étonne pas!

Le lendemain matin à l'heure dite, je me rends chez ma gynéco.

Je suis très suprise de la trouver dans un sale état : son bras droit est en écharpe, sa main inerte et il me semble qu'elle porte une perruque, quoique je n'en sois pas bien sûre.

Elle me pose quelques questions, et m'éxamine de la main gauche, sans me faire mal. Son diagnostique est immédiat et sans appel, c'est une salpingite, c'est à dire une inflammation d'une trompe, suite à l'hystérosalpingographie.

Ce qui explique que j'aie si mal, donc.

Professionnalisme en pagaille

Ma gynéco n'en revient pas que je sois allée travailler la veille et me prescrit d'office 15 jours d'arrêt maladie. Elle pense qu'il me faudra bien un mois pour me remettre de toute façon, car selon elle, il me faut un maximum de repos.

Elle me prescrit un traitement, et contre la douleur des gélules de Lamaline, avec une faible teneur en opium. Elle me dit qu'avec ça, ça devrait aller mieux.

J'en doute pas une seconde, Docteur!!

J'en doute pas une seconde, Docteur!!

Nous en profitons pour discuter du résultat de mon hystérosalpingographie :

D'après ma gynéco, ma trompe s'est bouchée suite à un long épisode de mycoplasmes que j'ai eu quelques années auparavant : Pendant cinq ans, avant de trouver ma gynécologue, j'en ai vu une tonne d'autres pour des douleurs pendant les câlins, qui m'ont sorti les raisons les plus aberrantes. Pour l'un c'était parce que j'étais trop grosse. Selon un autre parce que je n'aimais pas assez mon copain et qu'il fallait en changer (mon copain de l'époque étant devenu mon mari, vous pensez comme j'aurais été bien avisée de suivre ce conseil!). Un autre encore a eu le culot de me dire que c'était parce que mon partenaire avait été trop gâté par la nature.

Et j'en passe. J'ai été traitée pour des mycoses que je n'avais pas pendant cinq ans, jusqu'à ce qu'enfin je trouve ma gynécologue qui a tout de suite pensé aux mycoplasmes (un microbe qui se multplie et peut avoir des conséquences fâcheuses s'il n'est pas traité).

Nous avions mis un an pour nous en débarrasser.

Elle me dit que même si on peut tout à fait tomber enceinte avec une seule trompe, ça vaut le coup d'opérer. Elle veut quand même un autre avis et me dirige vers un confrère qui travaille à l'hôpital Bichat. Elle m'obtient un rendez-vous 15 jours plus tard.

Je rentre chez moi me reposer, je suis épuisée.

Je prends consciencieusement mon traitement, mais ne sens pas d'amélioration : les gélules de Lamaline me mettent K.O, et pourtant la Douleur persiste.

Jour et nuit, elle rôde autour de moi, sait parfois se faire plus discrète pour mieux me saisir par les tripes quand je la crois endormie.

Elle est devenue une compagne qui jamais ne me quitte, elle s'est emparé de mon ventre, de mon coeur et de ma tête, sans que je n'y puisse rien.

J'entends les rires sans timbre de l'Obsession et de la Fourberie grelotter au fond de moi.

Professionnalisme en pagaille

Une nuit, je n'en peux plus. Je suis en larmes, j'ai trop mal.

Mr Lambda décide de m'emmener aux urgences gynécologiques de l'hôpital de notre secteur.

Nous arrivons vers 6h du matin, il y a du monde et je suis prise en charge après une heure d'attente.

Professionnalisme en pagaille

Une jeune interne me reçoit. Je lui explique que j'ai une salpingite, quel est mon traitement, et que je viens parce que j'ai très mal et que je n'en peux plus. Elle m'examine, me fait une prise de sang, une échographie endo-vaginale (une échographie par l'intérieur donc, avec un genre de gode caméra, c'est toujours plus sympa hein), et me fait faire pipi dans un pot pour analyser mon urine, puis m'envoie en salle d'attente.

Une heure plus tard, rebelotte, la même chose mais avec une autre interne

Une heure après, encore, avec une troisième personne.

Là j'en ai marre, 3 analyses d'urine, 3 prises de sang, 3 échographies endo-vaginale, ça commence a bien faire, et je m'échauffe un peu.

La troisième interne m'envoie la chef de service, il est 11h du matin.

Professionnalisme en pagaille

Cinq heures après mon arrivée, la chef de service arrive dans la salle d'examen où l'on m'a fait attendre et m'annonce que :

"- C'est une salpingite!

-Eeeeuh, oui je sais.

-Ah bon, vous êtes médecin?"

Dialogue surréaliste. J'essaie de garder mon calme et explique que ça fait cinq heures que je dis que j'ai une salpingite, je ne viens pas pour faire un diagnostique, je viens pour qu'on m'aide!

Le médecin qui est face à moi est jeune, elle a mon âge. Je lui fais confiance, je pense qu'on peut se comprendre et c'est une grave erreur que je commets.

Elle me parle comme à un chien, encore qu'il me semble qu'un chien aurait certainement trouvé plus de grâce à ses yeux.

Elle commence à me dire que ce n'est pas normal d'être déjà en parcours PMA, et qu'il va falloir que je reprenne 3 mois de pilule, parce que "vous comprenez il y en a qui attendent deux ans avant de poser le pied en PMA, qui êtes vous pour leur passer devant comme ça? Voici une ordonnance".

Elle va aussi complètement changer mon traitement car il n'y a aucune raison de prendre des anti-inflammatoires selon elle, et trouve inadmissible d'être en arrêt de travail pour si peu, elle le signalerait bien à la Sécu, tiens.

Elle me tend un paquet de feuilles d'ordonnances et me dit sèchement de rentrer chez moi.

C'est la première fois que je suis confrontée à une telle méchanceté.

Professionnalisme en pagaille

Sur le chemin du retour, je suis complètement perdue, je ne sais pas ce que je dois faire. Après réflexion, j'ai confiance en ma gynécologue, je l'appelle et lui raconte mon passage aux urgences.

Elle n'en revient pas, et me demande ce que l'on m'a prescrit en lieu et place de son traitement. Elle écarte certains médicaments, et me conseille d'en prendre certains, qui pourront me soulager.

Elle est écoeurée de la pression mise en place pour me faire reprendre la pilule, et me dit de tenir bon.

De mon côté, peser le pour et le contre n'est pas difficile :

D'un côté, ma gynécologue qui me suit depuis des années, très humaine et capable d'établir son diagnostique en cinq minutes avec seulement deux doigts.

De l'autre le personnel de l'hôpital qui ne me connaît pas, me juge et a besoin de cinq heures et d'une batterie d'analyse pour me dire ce que je leur ai annoncé en arrivant.

Il est des choses qui coulent de source!

Il est des choses qui coulent de source!

J'appelle une de mes meilleures amies, qui vit en région parisienne et qui a la même gynécologue que moi.

Elle pense que j'ai raison de l'écouter les yeux fermés et m'apprend une nouvelle qui me terrasse :

Notre gynécologue souffre d'un cancer, probablement du sein, mais mon amie n'en a pas eu la confirmation.

C'est un gros choc pour moi.

Professionnalisme en pagaille

Il y a des jours comme ça, où rien ne se passe comme on le voudrait.

Published by Mme Lambda

commentaires

belise6 25/09/2012 10:22

Mon dieu, aigrie si jeune, quel malheur... Cette docteur s'est visiblement trompée de métier ! Taxidermiste aurait été une meilleure idée !

Comateen 25/09/2012 09:41

C'est dingue quand même comme certaines personnes se trompent de métier... Il devrait y avoir un examen d'empathie à la fin des études de médecine, et certains, comme celle que tu as vu ce jour-là, échoueraient certainement!

Les dessous de la PMA

"La Procréation Médicalement Assistée sous son vrai jour. Ma vie avant, pendant et après." -Mme Lambda.

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