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30 décembre 2011 :

Aujourd'hui j'ai rendez-vous avec mon sage femme pour l'échographie mensuelle, en début d'après midi.

Je suis contente de retourner le voir, et de pouvoir revoir mes bébés à l'échographie dans des conditions plus sympa qu'à l'hôpital.

Mais aujourd'hui, pendant l'examen, mon sage femme est moins enjoué que d'ordinaire, et même, il est inquiet.

La dégringolade

Et il a une très bonne raison de l'être : Bien que mon col soit stable à 17 mm, il y a un problème sur le cordon de ma fille.

Il présente un Reverse Flow, et d'après ce que je comprends, les échanges sanguins ne se font pas bien entre ma fille et moi : elle n'a pas pris assez de poids.

Alors que son frère est passé de 841 g à 1.300 kg en un mois, ma fille est passée de 815 g à 1 kg. Ce n'est pas assez, et mon sage femme souhaite que nous allions vérifier ça à l'hôpital.

Il ajoute que ça n'urge pas à la minute mais enfin qu'il faut y aller aujourd'hui quand même, et que je ferais bien d'emporter quelques affaires, juste au cas où.

Pour faire taire la Panique qui s'est levée d'un bond et tournicote comme une folle autour de moi, je dis a mon sage femme que d'accord, je vais manger un morceau et on va y aller.

Mon sage femme me regarde dans les yeux.

Avec douceur et fermeté il me dit :

"Non, ne mangez pas. Si a l'hôpital ils décident que votre fille grandira mieux dehors que dedans, il vaut mieux que vous ayez le ventre vide en cas d'intervention."

Il y a eu un flottement. Et puis c'est monté au cerveau, vite.

La panique a commencé a tourner dans la pièce en courant, les bras en l'air en hurlant "NoOoOOoOOn!"

La dégringolade

Dans l'ascenseur pour remonter chez moi, je fonds en larmes. M. Lambda n'en mène pas large non plus.

Je fais mon sac en pleurant, persuadée d'être hospitalisée de façon indéterminée.

Sur le trajet je ne peux plus m'arrêter de ruisseler : Et si l'hôpital décidait de faire naître notre fille? Mais c'est pas possible, c'est tellement trop tôt! J'ai peur qu'on la fasse naître et qu'elle meure, je ne veux pas! Et mon fils alors, lui qui va bien, que va t il devenir?

Je ne parviens plus à réfléchir de façon cohérente et une idée m'obsède : accepteront ils à l'hôpital, s'ils doivent faire sortir ma fille, de laisser mon fils là où il est pour qu'il finisse sa croissance?

C'est la Panique, qui me tient par les épaules, complètement blafarde, qui m'a soufflé cette pensée absurde à l'oreille.

La dégringolade

Vers 16h nous arrivons à l'hôpital Moisi, où nous sommes relativement vite pris en charge.

La sage femme qui s'occupe de moi nous met tout de suite dans l'ambiance : elle déteste faire les monitorings de jumeaux.

Euuh, comment te dire qu'on s'en fout de ce que tu veux et qu'on te demande juste de faire ton taf??!

Et sitôt les capteurs posés, elle commence à râler, parce que si mon fils se laisse faire sans trop bouger, ce n'est pas le cas de ma fille, super dynamique. Et pendant qu'elle fait ses commentaires à la con, moi je remercie le ciel intérieurement : ma fille bouge, elle est vivante.

Enfin la sage femme arrive à capter son coeur. Elle positionne la sonde et se tire aussitôt. Au bout d'une seconde ma fille bouge, plus moyen d'enregistrer son coeur. La sage femme ne réapparaît qu'au bout de 20 minutes et s'énerve de ne pas avoir le coeur de ma fille d'enregistré. Elle la cherche à nouveau et repart. Ma fille bouge en moins d'une minute, et la sage femme ne revient que 15 minutes après. Et rebelotte.

Ce cirque dure 1h30. Vu que je venais déjà de me taper 1H30 d'échographie chez mon sage femme, je commence à saturer, et encaisse moyennement bien les réflexions désagréables de l'autre truffe.

La dégringolade

Une interne vient enfin me chercher pour faire l'échographie. Ben oui faut tout refaire, l'écho du début d'aprem n'ayant pas été faite a l'hôpital, blablabla.

Encore une heure d'examen, j'en peux déjà plus.

L'interne trouve ce qu'elle appelle une Diastole Nulle sur le cordon. Ce qui signifierait que tout est normal. Elle appelle le médecin pour vérifier son écho, et lui trouve une Diastole +, ce qui est le meilleur cas de figure.

Je lui demande s'il est normal que le flux sur le cordon change trois fois dans la même journée, passant du pire au meilleur. Mais le médecin élude ma question.

A la place il m'explique en long, en large et en travers, que je vais être suivie de très près au service des explorations fonctionnelles. Deux fois par semaine en fait : une pour un monitoring, la deuxième pour un monito et une échographie rapide pour surveiller la croissance de ma fille. Ainsi qu'une véritable écho de fond en comble tous les 15 jours.

La vraie bonne nouvelle c'est qu'au moins, je vais pouvoir rentrer chez moi.

La dégringolade

Mais avant de partir, il va falloir refaire un monitoring, le premier étant trop disparate au sujet du coeur de ma fille, il faut recommencer.

Retour aux urgences. On retombe sur la sage femme de tout à l'heure, et elle ne cache pas sa déception quand l'interne lui dit ce qu'elle attend d'elle.

Il est 19h30, et on est reparti pour un tour, la sage femme recommence son cinéma : ma fille dure a capter et elle qui s'en va dès qu'elle enregistre une demie seconde de battement de coeur, alors que ma fille ne tient pas en place.

M. Lambda est obligé d'aller la chercher régulièrement pour m'éviter un énième examen interminable. La sage femme nous montre ouvertement sa mauvaise humeur en se montrant brutale dans ses gestes. Mais enfin elle cède et reste près de moi, ce qui permet de clore le monito en 10 minutes. Monito qui aura quand même duré 45 minutes en tout, je suis épuisée.

La dégringolade

Enfin, nous pouvons rentrer chez nous. J'en peux plus. J'ai commencé mes examens à 13h, il est 20h passées, j'ai beaucoup de contractions. J'ai beau me reposer sitôt rentrée, elles ne passent pas et j'ai peur.

Néanmoins après une bonne nuit de sommeil, le lendemain elles se sont calmées.

Moi, par contre je ne suis pas calmée du tout.

J'ai des montées de larmes soudaines et l'Angoisse me serre la gorge.

Je sais que désormais, deux fois par semaine, je vais devoir faire mon sac en allant à l'hôpital.

A chaque fois que je claquerais la porte de la maison, je ne saurais pas quand j'y reviendrais.

Et surtout, surtout, j'ai tellement peur pour ma fille, ma petite princesse.

La dégringolade

Published by Mme Lambda

commentaires

Julie 09/08/2014 06:11

ohhh zut moi aussi je voulais la suite grrrrr, jespère que tout va bien pr tes bébés , je me suis retrouvé ds telleme.nt de points dans ton récit, chéri et moi opérée d'une sleeve tous les deux pour le surpoids , 2 ans et demi dessais sous traitement et la on passe seulement aux iac jespère ne pas devoir aller jusqu'au fiv car ca m'efferaye... bien vite la suite peux tu nous dire si tu nous mettra un jour des nouvelles?

Mme Lambda 20/08/2014 01:10

Bonjour Julie,
Oui oui le blog continue, je suis un peu longue a l'ecrire, car bien sûr il me faut remuer des souvenirs pas toujours faciles, mais mon histoire n'est pas terminée.
Je vous souhaite beaucoup de courage a tous les deux pour la suite, et vous souhaite bien entendu un dénouement heureux le plus vite possible.

Licia 27/07/2014 15:22

Quel angoissen en tout cas j'espère que la jolie petite puce en photot est ta filles et qu'elle va bien aujourd'hui

Mme Lambda 31/07/2014 00:14

Bonjour Licia, merci pour ton commentaire.
Ce n'est pas ma fille sur la photo de l'article, et pour la suite de l'histoire je ne puis rien dévoiler pour le moment.
Sache qu'aujourd'hui du chemin a été parcouru et que cette page est désormais tournée.
Je te remercie en tous cas pour ta sollicitude :)

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"La Procréation Médicalement Assistée sous son vrai jour. Ma vie avant, pendant et après." -Mme Lambda.

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