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6 décembre 2011 :

Dans la nuit le travail d'accouchement commence pour ma voisine de chambre.

Les sages-femmes alertées lui font une échographie et lui annoncent que son bébé pèse 2.400 kg. Elles l'emmènent, le moment est enfin arrivé pour elle.

Comme nous avons sympathisé, je sais que son accouchement ne sera pas long, il s'agit là de son quatrième enfant, et je sais que le poids l'inquiète beaucoup, elle qui a toujours eu de gros bébés.

Je croise les doigts pour que tout se passe bien pour elle.

Confiance et sérénité

De mon côté je peine à trouver le sommeil : Dès que je m'allonge de forts afflux de sang me montent au visage, mon coeur bat très vite et j'ai du mal à respirer. Ca dure depuis la veille et je suis claquée.

Je me décide à appeler une sage-femme qui prend ma tension et me dit que tout est normal.

Elle ne sait pas trop quoi me dire à part de ne pas dormir sur le dos.

Super.

Déjà que je ne dors plus du côté droit depuis des mois pour éviter d'écrabouiller je ne sais quelle veine importante dans les échanges avec les bébés, ne me reste plus que le côté gauche alors?

La sage-femme me dit que je peux dormir sur le côté droit, mais je me souviens d'une copine qui m'avait parlé de ça sur le forum où je postais régulièrement à l'époque, et m'avait donné ce moyen mnémotechnique pour m'en souvenir : Une femme enceinte est mal à droite (maladroite, jeu de mots, ha ha).

Et effectivement je n'étais pas à l'aise les fois où je me tournais de ce côté là, je dormais donc toujours sur le dos ou sur le côté gauche depuis un moment déjà.

Bon ben voila, dormir telle un gisant de pierre c'est fini, trop inconfortable avec ces afflux de sang sortis d'on ne sait où.

Confiance et sérénité

Au petit matin ma voisine de chambre est de retour.

J'entends qu'on la réinstalle, et une sage-femme lui dire très clairement : "voilà madame, vous avez une perfusion d'antibiotiques et une de Doliprane, on va vous apporter vos médicaments à prendre à 8h précises".

Comme je suis réveillée, on papote et elle me raconte ce qui s'est passé.

La veille, elle avait bel et bien de la fièvre, le médecin s'en aperçu au moment de la prise de température par voie rectale cette fois, elle était à 39°c.

Du coup elle a chopé une infection et son fils est né avec de la fièvre.

Au moment de la naissance, une sage-femme a regardé son bébé et a dit "oh il doit bien peser dans les 2.200 kg!". Ma voisine de chambre s'est affolée mais quand le pédiatre est revenu de la pesée, son fils pesait 2.650kg et ma voisine a pu se rassurer.

Super la sage-femme hein?!

Confiance et sérénité

A 8h, une sage-femme apporte son médicament à ma voisine et insistant pour qu'elle le prenne bien, et s'en va.

Ma voisine regarde ses comprimés et me dit qu'elle trouve ça bizarre, qu'elle ne le sent pas ce truc là. Elle décide de ne pas les prendre et attend de voir, parce qu'il lui semble que personne ne vérifie rien et qu'elle n'a pas confiance.

Elle appellera plusieurs fois les sages-femmes dans la matinée pour qu'on lui remette en place sa perfusion qui n'arrête pas de bouger, et effectivement personne ne fait allusion à son traitement.

De mon côté, une nouvelle sage-femme me fait un monitoring, et c'est génial il n'y a aucune contraction.

A ce moment là une de ses collègues arrive et s'exclame "ha ben il y a encore des contractions!!".

La première dit que non et argumente que mon ventre est souple, mais la seconde n'est pas d'accord.

Elles discutent et débattent et finissent pas tomber d'accord : je n'ai pas de contractions.

J'essaie de ne pas trop halluciner et de passer outre et je leur parle des différents rendez-vous que la sage-femme de la veille s'était engagée a prendre pour moi devant le médecin.

Bien sûr elles ne sont au courant de rien et quand elles se renseignent rien n'a été fait.

Du coup, vu que je sors cet après-midi et que cette fois c'est sûr, elles se dépêchent de palier à l'incompétence de leur collègue, et me prennent mes rendez-vous carrément à l'arrache.

Franchement, je sais pas pour vous, mais moi à ce stade j'ai l'impression d'assister à un spectacle de Guignol sans dec.

Confiance et sérénité

Vers 11h, par la porte de notre chambre restée ouverte, ma voisine de chambre repère un gynéco qui passe par là à la couleur de sa blouse et elle l'interpelle pour remettre encore une fois sa perfusion en place.

Heureusement il est sympa et il prend le temps de le lui faire correctement.

Elle en profite pour lui demander pourquoi elle a du Doliprane en continu dans sa perfusion.

Le médecin regarde et lui dit : "Ha non madame, ce n'est pas du Doliprane! Là c'est votre antibiotique et là c'est juste un liquide pour vous maintenir la veine ouverte, comme de l'eau en fait. Si vous aviez dû prendre du Doliprane on vous l'aurait donné en comprimé."

Ma voisine ouvre de grands yeux et demande le nom de l'antibiotique qu'on lui a mis en perfusion. C'est exactement le même que les comprimés qu'elle aurait dû prendre à 8h.

Elle les montre au médecin en lui expliquant, il les prend, les examine et lui dit "oh là là, non non il ne faut pas les prendre!" en les mettant dans sa poche. Il lui souhaite une bonne journée et s'en va.

Là je ne vous cache pas que j'hallucine complètement et ma voisine ne s'en remet pas : si elle avait obéit docilement elle aurait clairement fait un surdosage!

Confiance et sérénité

On discute encore un peu, puis le déjeuner arrive.

Encore une fois je ne mange pas grand chose : sur mon plateau un steack haché saignant et du fromage au lait cru (on est où déjà? ah ben oui dans le service des Grossesses à Hauts Risques). Et comme je n'ose pas toucher aux crudités ne sachant si elles ont été soigneusement lavées, mon repas se fait frugal.

Mais 14h arrivent, et enfin je peux m'en aller.

Je quitte cette chambre de malheur en souhaitant sincèrement bonne chance à ma voisine de chambre.

C'est étrange cette sensation, nous avons été compagnes de galère pendant quelques jours, on s'est confiées l'une à l'autre, soutenues, conseillées et on sait qu'on ne se reverra plus jamais.

J'espère que tout ira bien pour elle et son bébé maintenant.

Moi, je rentre chez moi avec la consigne de mettre des bas de contention et de me reposer le plus possible.

Ouais comme vous, j'ai rien capté à ce que j'avais le droit de faire ou pas.

Pas grave, je suis tellement épuisée par mon séjour que je ne doute pas une seconde de dormir pendant cent ans, une fois dans mon lit

Confiance et sérénité

Published by Mme Lambda

commentaires

Karima 09/06/2014 01:29

merci pour tout! ce blog me fait du bien! deja 2heures du mat mais je n ai pas pu m arreter de lire! pour moi, j en suis au stade de la stim avec un espoir de ponction dans une semaine max. tu me donnes de l espoir...

Carotte 14/05/2014 06:59

J'aimerais connaitre le nom de cette hosto pour ne JAMAIS y mettre les pieds ce que tu écris me fait froid dans le dos....

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"La Procréation Médicalement Assistée sous son vrai jour. Ma vie avant, pendant et après." -Mme Lambda.

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